mardi 23 février 2010

Développer et tirer un négatif papier

Lorsque les feuilles positives sont parfaitement sèches, on met le négatif à reproduire dans la presse dite Châssis positif dont le fond est en glace; on place sur cette glace, le côté de l'épreuve en dessus, de manière à être en contact direct avec le coté préparé de la feuille sensible que l'on étend sur le cliché, et on expose à la lumière.

A. Davanne, Photographie in Dictionnaire de chimie industrielle, Tome troisième, Fd Tandou et Cie, libraire éditeurs, 1864, page 269

Si vous avez suivi mes articles, vous avez maintenant des négatifs papiers, prêt à être développés et éventuellement tirés en positif.

Cet article ne traite que du développement par contact et pour le cas d'une pellicule papier photo.

Avertissement : cette article vous propose de faire des développement, c'est à dire d'utiliser des produits chimiques. Les produits photographiques ne présentent pas de risques très élevés. Cela fait des dizaines d'années qu'ils sont utilisées. Cependant cela reste des produits chimiques, pour tirer tout le plaisir ou l'amusement de cette activité, prenez les précautions habituelles, sans être exhaustif : placer les produits hors d'atteinte des enfants, utilisez des pinces pour éviter de tremper les mains dedans (une paire de gants fins est recommandée), lavez-vous les mains après la séance, ne mangez pas pendant que vous développez, lisez soigneusement la notice du fabricant etc etc


Développement du négatif papier

L'image que vous avez obtenue dans votre sténopé est un négatif. La première opération consiste à développer cette feuille suivant la notice du fabricant par la méthode classique de tirage de photographie noir et blanche : révélateur, bain d'arrêt, fixateur, rinçage et séchage. Comme c'est un papier photo, vous pouvez parfaitement travailler en lumière rouge.

Je ne veux pas rentrer dans les détails, vous pouvez  vous reporter avec profit au site « Au fil des images » et en particulier sur la page « Tirage et agrandissement » et ceci même si vous n’avez besoin que d’une petite partie de ce cours.

Après développement vous obtenez des résultats similaires à :


Sujet : Église Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand (France)

Sténopé : boîte de peinture,  Focale : 180 mm, diamètre du trou : ~0.55 mm,  F stop : ~ 327
Papier : Ilford MG IV RC de luxe
Dimensions : 178 x 240 mm
Temps d'exposition : 3 minutes
Lumière : temps couvert (cellule réglée à 200 ISO eV = 13)
Sujet : immeuble à Clermont-Ferrand (France)
Sténopé : boîte de peinture,  Focale : 180 mm, diamètre du trou : ~0.55 mm,  F stop : ~ 327
Papier : Ilford MG IV RC de luxe
Dimensions : 178 x 240 mm
Temps d'exposition : 15s
Lumière : plein soleil, milieu de l'après-midi (cellule réglée à 200 ISO eV = 16)


Commentaire : négatif  très constaté, Les arbres à droite sont uniformément blanc, cependant l'immeuble ressort bien. Le vignetage s'explique probablement par le temps d'exposition court. Défaut auquel il faut veiller : il restait un petit morceau de la pâte collante qui m’a servi à fixer mon papier dans la boîte, sur la surface du papier qui a donné un point blanc (à droite de l'immeuble) qui créera un défaut au tirage final. Le sol présente une courbure parce que le sténopé était incliné par rapport au sol. C'est un phénomène identique que celui que l'on constate avec les appareils panoramiques.

















Sujet : école Édouard Herriot (Clermont-Ferrand).
Sténopé : boîte de papier photo équipée de deux trous
Focale : - 30 mm
diamètre des trous : ~0.55 mm
F stop : ~ 54
Papier : Ilford MG IV RC de luxe
Dimensions : 178 x 240 mm
Temps d'exposition : 5 s
Lumière : plein soleil,  (cellule réglée à 200 ISO eV = 15)

Commentaire : à cause de la courte focale (et de la taille des trous trop grande), le temps d'exposition est court et la surface exposée ne couvre pas la totalité du papier (effet recherché). De la même manière que le négatif précédent, l'inclinaison du sténopé par rapport au sujet provoque une déformation, le bâtiment apparaît en « biseau »). Autre phénomène, compte tenu de l'angle que doit parcourir le rayon lumineux, le centre de chaque cliché est surexposé (noir sur le négatif) et devient de moins en moins exposé en s'éloignant du centre. Si le temps est trop long on obtient une surface d'exposition plus grande mais une tache noir au milieu. 


Tirage du positif

Le négatif étant du papier photo, la seule méthode possible c'est le tirage par contact. Le cliché a donc obligatoirement la même taille que le négatif. Ceux qui ont l'habitude du tirage, constateront que ce type de négatif est nettement moins souple que les négatifs traditionnels. Ceci dit, les techniques habituelles sont utilisables : bandes d'essais, variation du contraste avec des filtres type Ilford ou une tête couleurs, masquage (pas facile contrairement au négatif on est aveugle, mais c'est possible).

Le principe est de mettre en contact émulsion contre émulsion, la feuille négatif avec la feuille vierge, de les plaquer l'une contre l'autre et d'exposer ce « sandwich » à la lumière. J'utilise une plaque de verre bien propre pour plaquer l'ensemble. 
Important : Utiliser une plaque de verre avec les bords biseauté ou à défaut une protection pour éviter les coupures.


Il faut travailler dans les conditions normales de tirage d'une photographie. Le temps d'exposition est supérieur à celui d'une pellicule normale compte tenu de l'opacité du négatif.


Quelques résultats :

 

  

 


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