mardi 24 janvier 2012

Le baigneur sans baignoire

Les cataplasmes et les fomentations ont d'abord ce point, essentiel et caractéristique, de commun avec les bains : de mouiller, humecter, tremper, arroser, lessiver immédiatement la peau; c'est-à-dire de la baigner, au moyen d'une simple couche de liquide. Je dis couche, parce que le bain le plus monstrueux et qui serait pris au milieu de l'Océan, d'un lac, d'un étang ou d'une immense baignoire, ne peut toucher le corps que par une très-mince surface de l'eau qu'ils contiennent. La quantité de liquide n'est donc pas la chose importante dans les bains; mais ce qui les distingue essentiellement les uns des autres, c'est la composition particulière de ce liquide, son degré de chaleur et la durée plus ou moins longue de son action sur la peau. Il est hors de doute, d'autre part, que le contenant d'un cataplasme ou d'une fomentation ne présente nullement un assemblage de parois solides et placées à distance les unes des autres ; ce n'est, au contraire, qu'un linge souple et flexible , qui en fait tous les frais et qui se pénètre si bien de tout le liquide, que celui-ci peut agir exactement comme dans une baignoire ordinaire : nous Verrons même qu'il agit avec beaucoup plus d'efficacité.

Les cataplasmes et les fomentations sont donc de vrais bains locaux, et il ne leur manque, pour être généraux, que d'avoir assez d'étendue pour entourer le corps tout entier. Les bains de pieds, de jambes, de mains, de bras pourraient donc à leur tour, être considérés comme des fomentations ou des cataplasmes appliqués sur ces diverses parties.

Dr Mathias Mayor, Mathias - Manuel du baigneur sans baignoire, ou moyen simple, économique et facile de traiter un grand nombre de maladies, d'après les principes du professeur Mayor,... Publié et édité par quelques amis des pauvres et des malades - Éditeur Sagnier et Bray (Paris) – 1846 - page XIII

mardi 17 janvier 2012

Vénus

 
 ...l'éclairage est drôle. On ne voit jamais une lumière comme ça sur la terre. Elle est d'un brun orangé, brillante, très brillante, avec quelque chose de menaçant. Comme le ciel au coucher du soleil en été quand il y a de l'orage dans l'air. Mais là-bas, il n'y a jamais d'orage parce qu'il n'y a pas une goutte d'eau... Il y a des éclairs. Ça, oui, mais jamais de pluie...

F.Pohl – C.M. Kornbluth, Planète à gogos (traduction Jean Rosenthal)

Solargraphie après un mois d'exposition entre avril et mai 2011 derrière le pare brise de ma voiture. J'ai utilisé du papier Papier Fotospeed RC Oyster

mardi 10 janvier 2012

La découverte



Le visiteur qui pénétrera par la coupole de l'avenue d'Antin dans le Palais de la Découverte, trouvera d'abord un appareil électrostatique de dimension prodigieuse. Il sera constitué par deux sphères creuses de 3 mètres de diamètre pouvant contenir les expérimentateurs. Une puissante machine électrostatique permettra de charger à 3 000 000 de volts ces deux sphères, entre lesquelles jaillira une étincelle de plusieurs mètres de longueur.

Paul Valéry, Un problème d'exposition dans Regards sur le monde actuel (1931)

 J'ai un souvenir très précis de ces expériences d'électricité statique avec de grands éclairs que j'ai vu quand j'étais enfant (très longtemps après 1931).


Sculptures encadrant la porte d'entrée du Palais de la découverte, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris.
Photos prise avec ma CrapCamPano.
Pellicule : HP5+
Tirage sur papier RC, Fotospeed RCVC

mardi 3 janvier 2012

Obrigado Marcos





Mon année photographique commence très bien avec cette publication en direct du Brésil. Marcos, a publié 4 de mes photos au sténopé. Je trouve que sa mise en page met bien en valeurs mes photos.

Le premier numéro de son WebZine Foto Inversa, consacré à la photographie au sténopé vient de paraitre. C'est en portugais, bien évidemment, mais ça reste une langue latine et en insistant un peu, nous autre francophones, nous pouvons comprendre une bonne  partie des textes.

mardi 27 décembre 2011

Орден Отечественной войны

Il a dix ans quand Staline meurt, le 5 mars 1953. Ses parents et les gens de leur génération ont passé dans son ombre leur vie entière. À toutes les questions qu'ils se posaient, il avait la réponse, laconique et bourrue, ne laissant aucune place au doute. Ils se rappelaient les jours d'effroi et de deuil qui ont suivi l'attaque allemande de 1941, et celui où, sortant de sa prostration, il a parlé à la radio. S'adressant aux hommes et aux femmes de son peuple, il ne les a pas appelé « camarades », il les a appelés « mes amis » : ces mots-là si simples, si familiers, ces mots dont on avait oublié la chaleur et qui dans l'immense catastrophe caressaient l'âme, ont compté pour les russes autant que pour nous ceux de Churchill et de Gaulle. Tout le partie porte le deuil de celui qui les as prononcés. Les enfants des écoles pleurent parce qu'ils ne peuvent pas donner leur vie pour prolonger la sienne.
Emmanuel Carrère, Limonov (2011)

Février 1917, Octobre 1917, l'armée rouge de Trotsky, la ЧК, la Grande Guerre Patriotique, les Kolkhozes, les plans quinquennaux, les procès de Moscou, Stalingrad, l'Archipel du Goulag, la Perestroïka, Elstine sur son char, Beslan...

...En fait la mythologie occidentale attribue au monde communiste l’altérité même d'une planète : l'URSS est un monde intermédiaire entre la Terre et Mars.
Roland Barthes, Martiens, dans Mythologies (1957)


Il s'agit de deux photos au format des photos d'identité. D'après ce que j'ai pu retrouver en farfouillant sur le net, il me semble qu'il s'agit de deux officiers, un major à gauche et un capitaine à droite. Ils sont en grand uniforme sans couvre-chef. Les deux arborent un placard de décorations et épinglé à leur droite une étoile frappée de la faucille et du marteau. Cette dernière pourrait être l'Ordre de la Guerre Patriotique (Орден Отечественной войны) décerné aux soldats ayant participé à la deuxième guerre mondiale.

Photographies achetées sur la brocante de Chatou (Yvelines, France).

PS : lisez le Limonov ! C'est un bouquin vraiment épatant.

Lave


Cette ville est encore toute noire d'avoir conçu Blaise Pascal et Paul Bourget, tant d'amertume et tant de sérieux. Elle est bâtie en lave de Volvic, matériaux janséniste, obscur et résistant.

Alexandre Vialatte, la Basse-Auvergne

Photo prise avec mon une antique box transformée en sténopé.
Pellicule : Acros 100, tirage sur papier RC



mardi 20 décembre 2011

Extra-session sténopé


C'est par un samedi de début décembre, que j'ai eu le plaisir d'animer une séance d'initiation au sténopé. Le but était de fabriquer son sténopé à partir d'une boîte et de faire ses premières images avec ce sténopé. Nous utilisons le laboratoire de l'association, Le Petit Photographe dans les locaux de la citéU des Cézeaux à Aubière, à coté de Clermont-Ferrand.

Chacun réalise son sténopé avec une boîte de thé, de sucre, de chocolat en poudre etc.  On perce les trous, on colle le trou dans la boîte. Une belle variété de formes.
Voici arrivé le moment crucial de la première prise de vue. Nous utiliserons des feuilles de papier RC comme négatif.

Pour estimer le temps, nous utilisons las tables fournies par le livre de Eric Renner : « Pinhole Photography, rediscovering a historic technique ». 
Malgré le mauvais temps, nous nous installons dehors .
Installation des sténopés
La séance de pose

Il ne faisait pas vraiment chaud et la lumière nous impose des temps de pose de plusieurs minutes. 
Voici les résultats dans le bac de rinçage :
Nous effectuons une deuxième tentative, mais en hiver les journée sont courtes et la lumière a diminué sans que nous en rendions compte. Cette deuxième tentative n'a pas été réussite.

Nous sélectionnons les meilleurs négatifs et nous tirons un positif

Voici le résultat dans le bac de rinçage :
Cette photo a été prise avec la boîte de sucre. Un format parfait pour un papier format 13x18. Le trou a été fait dans le fond et le papier est dans le couvercle. Il y a des fuites le long du couvercle qui donne une bordure irrégulière que je trouve plutôt réussi.


mardi 13 décembre 2011

Les brumes s'étaient dissipées


Laguna Beach, Californie, tôt le matin

Les brumes s'étaient dissipées, la face nord se dressait devant eux, noire et brillante dans le bas, plaquée de neige en altitude.
… tandis qu'ils s'encordaient, ils furent bien obligés de lever la tête et de regarder où ils s'engageraient. Aucun d'eux ne voulut trahir l'émotion qu'ils ressentaient à ce moment là. Ce n'était pas de la peur...c'était du respect, la crainte de ne pas être dignes d'une telle montagne ! ..
Ils chaussèrent les crampons et attaquèrent le couloir au-dessus de la rimaye ; ils formaient des cordées de deux, mobiles et rapides, et progressaient de concert...
Roger Frison-Roche, Retour à la montagne

Ces photos ont été prises au petit matin, le temps étaient brumeux, certains surfeurs étaient dans l'eau sur leur planche, d'autres buvaient un café en regardant les vagues. Ce surfeur prenait son temps pour observer l'océan et les vagues et se décider de la direction à prendre. Il venait de boire son café sur la plage en face des vagues et avait caché sa tasse isotherme  entre deux rochers. Je suis sûr qu'au fond de lui comme les guides de Frison-Roche au pied de la paroi, il ressentait un grand respect pour la mer en face de lui et un vrai bonheur.